Retour à Colette Yver.....

Publié le 30 Janvier 2015

Retour à Colette Yver.....

Lundi 26 janvier 2015 à 7 heures du matin, le DAL et le Collectif76 des Travailleurs Sociaux se sont invités au foyer d’hébergement Colette Yver situé sur les Hauts de Rouen.

Il faut rappeler que pour obtenir une nuit à l’abri les familles sans domicile fixe doivent passer par le 115. Même quand celui-ci répond, ce qui n’est pas toujours le cas, la réponse est souvent négative car le nombre de places est insuffisant. Quand la réponse est positive, le foyer leur demande, selon certains témoignages, de refaire le 115 pour … confirmation !

A Colette Yver, les familles sont accueillies à partir de 17 heures. Le lendemain, réveil à 7 heures, les familles doivent impérativement quitter le foyer pour 8 heures 45 et se retrouvent à la rue avec leurs enfants et leur bagage quelles que soient les conditions météo, forcément rudes puisque le foyer n’ouvre qu’à partir de moins 5 degrés ressentis. Le lendemain il faut rappeler le 115 sans aucune garantie d’une possibilité d’hébergement.

Lundi matin, la température était de 6 degrés, donc jugée suffisamment clémente par « nos autorités » pour remettre à la rue les familles, les bébés, les enfants, les personnes handicapées en fauteuil roulant, et pour fermer le foyer dans la foulée en attendant le retour d’une période grand froid. Au fait, c’est quoi la température de conservation dans votre réfrigérateur ? 5-6 degrés ?

C’est justement pour s’opposer à ces décisions contraires à l’article du Code de l’Action Sociale et des Familles (L 345-2-3 ) que le DAL et le Collectif76 des Travailleurs Sociaux sont intervenus au sein du foyer Colette YVER. Une courte entrevue a eu lieu avec la direction qui n’a rien donné. Laquelle direction a appelé la police après en avoir avisé certaines familles pour les inciter à partir. Une voiture de police est bien arrivée avec quatre policiers. Un court conciliabule s’est tenu à la porte avec les trois membres de la direction. Les policiers sont finalement repartis sans pénétrer ni intervenir dans les locaux du foyer.

La presse a été prévenue, une photographe de Paris-Normandie est venue ainsi qu’une équipe de FR3 qui a interviewé une femme hébergée, un responsable du DAL, la direction et tourné quelques images des locaux.

Un contact a été pris avec M. PLOUVIEZ de la DDCS (Direction Départementale de la Cohésion Sociale) : un rendez-vous a été convenu pour l’après-midi 14 heures. En attendant les militants ont obtenu que le foyer reste ouvert toute la journée de ce lundi, ainsi que toutes les nuits de cette semaine. Petite victoire mais un peu de répit pour les familles.

Retour à Colette Yver.....

Réunion à la DDCS

Avec Franck PLOUVIEZ (directeur départemental de la cohésion sociale) – Françoise LEMOINE (inspectrice du pôle hébergement, logement adapté, veille et urgence sociale)– Geneviève CARRERE (co-responsable du pôle hébergement et logement adapté veille et urgence sociale).

 

La revendication portée par la délégation était que le centre d'hébergement d'urgence Colette Yver reste ouvert 24h sur 24. La réponse a été celle du chantage financier en nous disant «L'enveloppe financière n'est pas extensible. Si nous ouvrons en journée, il faudra trois fois plus de personnel et ce sera autant de nuitées en moins. De plus en journée, il n'y a pas plus d'une dizaine de personnes présentes sur la soixantaine qui dort au centre Colette Yver. »

 

Nos interlocuteurs nous ont rappelé le coût de l'hébergement pour la collectivité, et que notre département est, selon eux, bien doté : 1577 places hors CADA et 7 à 800 places en CADA. Trois cent places nouvelles ont été créées depuis deux ans. La crainte continuelle des pouvoirs publics est celle de l' « appel d'air ».

 

Nous rappelons que cette année, les seuils d'ouverture étaient de -5°C et que donc le centre n'est resté ouvert depuis le début de la trêve hivernale qu'une quinzaine de nuits.

De plus, à contrario d'il y a deux ans : pas d'ouverture en journée,  une admission nuit après nuit, ce qui fait que les gens ne peuvent pas se poser ni laisser leurs affaires.

On a donc demandé que les personnes puissent au moins laisser leurs bagages dans la journée. Il nous a été répondu que c'était techniquement possible en orientant les familles au même endroit sur trois nuits consécutives, et que cela ne couterait pas plus cher.

Il y avait donc bien  une volonté délibérée des pouvoirs publics de maintenir les sans domicile dans la précarité, de leur faire comprendre qu'ils sont voués à ne se sentir nulle part chez eux, et à faire le 115 tous les jours.

 

Le cas de la fermeture des douches municipales a été évoqué et la DDCS serait en négociation avec la mairie de Rouen pour éviter cette fermeture: pour rappel 4144 douches ont été prises en 2014.

 

Au sortir de cette journée d'action, nous n'avons même pas récupéré ce que nous avions gagné il y a deux ans: c'est à dire l'ouverture 24h :24h jusqu'au relogement de toutes les familles hébergées.

Par contre, Ils se sont engagés à ouvrir le centre à partir de 0°C à la place de -5°C ressentis auparavant. Les familles pourront laisser leurs bagages le temps des périodes d'ouverture. Les orientations se feront pour 3 nuits consécutives. Nous resterons vigilants et nous nous assurerons que les engagements pris seront tenus. 

Rédigé par collectif 76 des salaries du social et médicosoci

Publié dans #Publications

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