Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

à la UNE de l'HUMANITE (17/08/2012)

Publié le par l'humanité.fr

hq17

A Rouen, des travailleurs sociaux ovvupent un centre d'hébergement depuis deux mois avec 13 familles à la rue. Ils réclament un plan d'urgence pour un système d'accueil dont l'indigence éclate en été. Membre de la Coordination nationale des professionnels de l’urgence sociale, Baptiste Meneghin presse la ministre d’agir. « Cécile Duflot ne doit pas s’en tenir à des paroles ».

Comme chaque année, le 115 
est saturé au mois de juillet, avec 70 % de non-réponses. Pourquoi 
ces difficultés perdurent-elles ?

Baptiste Meneghin. L’histoire se répète. Chaque hiver, des moyens financiers sont débloqués pour héberger une personne quelques jours ou quelques mois, avant 
de la remettre à la rue et de la reprendre en charge l’hiver suivant. Les gouvernements persistent dans cette gestion saisonnière de l’hébergement d’urgence qui s’avère pourtant aussi coûteuse qu’inefficace. L’accompagnement social ne peut être mené que sur le long terme. Nous demandons, au sein de notre collectif, l’application stricte de la loi. Le Code 
de l’action sociale et des familles définit 
les principes d’inconditionnalité, 
de continuité et d’immédiateté de la prise en charge et du droit à l’accompagnement social pour toutes les personnes. Ils ont 
été réaffirmés par le Conseil d’État, 
le 10 février dernier, qui a reconnu 
le droit à l’hébergement comme 
une liberté fondamentale.

La ministre du Logement a annoncé qu’elle reviendrait sur cette gestion au thermomètre et une conférence sur la pauvreté doit se tenir à l’automne. Qu’en attendez-vous ?

Baptiste Meneghin. Tout le secteur de l’urgence sociale est organisé depuis de nombreuses années sur la base de cette gestion saisonnière. Revenir dessus demande 
un gros investissement, de la réflexion et une refonte structurelle de ce système. Cela ne se fait pas du jour au lendemain. Cécile Duflot dit vouloir revoir les choses au niveau 
de l’hébergement. Très bien, mais, 
pour l’instant, ce ne sont que des paroles. On attend de voir quelles seront ses marges de manœuvre. On peut craindre que l’hébergement ne soit pas une priorité 
du gouvernement dans le contexte de crise.

Après le mouvement au Samu social de Paris, l’été dernier, et une grève nationale, fin mars, où en est la mobilisation des professionnels de l’urgence sociale ?

Baptiste Meneghin. Nous avons demandé 
un rendez-vous à Cécile Duflot pour partager notre expertise de terrain. 
On attend sa réponse. Mais nous sommes prêts, s’il le faut, à relancer une mobilisation d’ampleur. Aujourd’hui, des professionnels de terrain, qui sont dans l’incapacité 
de remplir leurs missions avec les moyens donnés, sont déjà obligés de trouver des solutions pour les personnes qu’ils accompagnent. À Amiens, on se mobilise pour fournir des tentes aux personnes 
qui n’ont pas de solutions en appelant 
le 115. À Toulouse, des travailleurs sociaux ont réquisitionné un bâtiment inoccupé 
de l’État pour le mettre à disposition 
de personnes sans abri. Après une longue lutte, ils ont obtenu une convention d’occupation et des financements afin 
que les personnes sans abri organisent 
leur quotidien. Ce projet alternatif, 
qui fonctionne très bien, montre 
qu’une réelle amélioration peut être apportée au système d’urgence sociale en associant les professionnels de terrain, et que d’autres solutions peuvent être inventées.

 

crédits :   l'HUMANITE.FR -->     link

 

Commenter cet article