Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

COMMUNIQUE AUX POLITIQUES

Publié le par collectif 76 des salaries du social et médicosoci

 

 

A l'attention de Mr le Directeur de la DDCS, Mr Plouviez

A l'attention de Mr le Président du Conseil Général, Mr Marie

A l'attention de Mr le vice-président du Conseil Général, Mr Sanchez

A l'attention de Me la ministre Valérie Fourneyron

A l'attention de Me la ministre Marisol Touraine

A l'attention de Me la ministre Cécile Duflot

 

 

Ce vendredi 15 juin, nous occupons, soutenus par le DAL (droit au logement), RESF (réseau d'éducation sans frontière), Sud Santé Sociaeux, le Collectif Jeudi noir et le GPS (groupement pour la défense du travail social) le bâtiment au 43 rue de la Maladrerie à Rouen qui n'accueillent plus de famille depuis le mois de mai 2012, malgré une liste d'attente de plus de 40 familles.

Nous savons que la fermeture de ce lieu a été dictée par des contraintes économiques :

L’Etat, dans sa politique du « logement d'abord » et de réduction des coûts, contraint les structures à harmoniser leur prix "de revient" par le bas.

Nous comprenons surtout que si cette structure ferme, c'est qu'elle y accueillait des familles sans ressources, ne bénéficiant pas des prestations de la CAF.

C'est un signe fort d'une volonté politique de réduire l'immigration, en dégradant les conditions d'accueil et les possibilités d'intégration de ces familles dans la société française.

En tant que travailleurs sociaux, nous ne sommes pas là pour appliquer cette politique, nous sommes là pour accueillir toute personne en situation de précarité.

La loi va dans notre sens puisque le conseil constitutionnel a déclaré le droit à l'hébergement comme une liberté fondamentale.

Nous savons que ces familles ont été relogées dans des appartements dits « diffus », loués par l'association, dispositif qui tend à se développer, puisque moins coûteux en supprimant l'accompagnement social.

Nous ne remettons pas en cause ce dispositif, s' il ne se substitue pas aux places collectives ;

Mais nous défendons la spécificité du travail effectué en centre d'hébergement, car pour beaucoup de personnes, un accompagnement préalable est nécessaire à l'intégration dans un « logement autonome » :

La précarité est un long processus de dés-affiliation, de renoncement, d'exclusion, et seul un accompagnement adapté peut donner une chance aux usagers de restaurer leur humanité : c'est là le sens de nos métiers et nous le défendons : et nous sommes en adéquation avec la définition du travail social fournie par l’onu et reprise par le Conseil économique et social. *

L ’action sociale est un service public. C’est un devoir de l’Etat envers ceux qui sont « laissés sur le bord de la route ».

Et nous mesurons cette contradiction à laquelle nous sommes confrontés : faire vivre ces valeurs, dans un monde de profit qui met à mal ceux qui ne peuvent suivre, tout en faisant semblant de nous demander de leur venir en aide et en soutien.

Ce qui se passe sur le plan national se retrouve sur notre agglomération :

Devant l'unanimité des constats (la FNARS, la fondation Emmaus, rapports de médecin du monde) : la moitié des demandes du 115 restent sans réponses faute de place d'hébergement, dans le même temps les chiffres de la pauvreté sont en augmentation, avec leur corollaire de stigmates.

Paradoxalement, les nombres de places baissent, dans toutes les structures (40 places en moins à Bazire!).

Au delà de la question du logement, pourtant fondamentale, ce sont tous les secteurs du travail social qui sont touchés, et nous entendons, à travers cette action, les défendre.

Nous rappelons que début 2012, des mouvements de contestation ont eu lieu, qui sont restés sans réponses satisfaisantes de la part de nos directions, des collectivités locales, de l'Etat.

La politique d'insertion, telle qu'elle est menée par le Conseil Général, participe largement du démantèlement de notre secteur: au delà du paiement obligatoire des prestations (RSA, AAH), c'est tout un dispositif d'aide qui doit être favorisé : ce dispositif existe, il a été crée à la mise en place du RMI, mais depuis 2009, les baisses de budget croissantes et programmées, obligent les associations à licencier,fusionner, voire à fermer, à trier les publics accueillis, à surcharger les salariés.

Parce que les besoins sont bien réels (et la souffrance aussi ) nous vous demandons de nous soutenir dans cette action, dans nos revendications.

Reconnaître ces dysfonctionnements ne doit pas nous conduire à les justifier. Notre témoignage doit être solidaire de ceux que nous « accompagnons ».

Nous demandons des réponses concrètes et rapides :

A l'heure où vous prônez "le changement maintenant", nous vous demandons de débloquer immédiatement des fonds pour augmenter la capacité d'accueil des CHRS, avec des créations d'emploi proportionnels.

Le respect de la loi de réquisition ( à défaut de l'appliquer) et donc l'arrêt des procédures judiciaires à l'encontre des squatteurs, du DAL et de toutes les actions militantes qui se sont efforcées d’œuvrer pour ne pas laisser dormir des gens à la rue.

Qu'en est-il dela régularisation de toutes les familles sans papiers, comme le PS l'avait évoqué avant la campagne électorale, notamment celles dont les enfants sont scolarisés ?

Le déblocage immédiat d' une enveloppe supplémentaire au Conseil Général pour :

-L'augmentation des budgets des associations, qu'ils soient à l'identique de 2000 (et oui les budgets devraient être indexés sur l'augmentation du coût de la vie, car à budget constant: baisse des moyens)

-La fondation des critères d'évaluation sur le mieux être des personnes et non sur "l'intégration dans l'emploi" (critère plutôt ironique au vue de la pénurie d'emploi)

-L' augmentation des places et de l'accompagnement en chantier d'insertion, en actions collectives, en accompagnement social individualisé.

-La réintégration des publics "MDPH" dans les contrats d'accompagnement.

-Qu 'une réelle politique cohérente, claire et transparente soit mise en place avec l'ARS, la DDCS et le CG, pour arrêter de morceler les actions.Parce que les problématiques sont croisées: logement, santé, souffrance sociale, psychique, chacun doit prendre sa part dans le traitement des problèmes sociaux: et nous réclamons à nouveau cette table ronde avec les financeurs.

 

*Nous défendons le travail social, sa légitimité, qui «a pour vocation première d’aider à ce qu’une personne, une famille, un groupe de personnes, ait accès aux droits que la société lui confère et crée ou recrée des liens sociaux. C’est à partir des attentes du bénéficiaire, de ses problèmes, de la perception qu’il a de son propre devenir, de ses potentialités visibles ou à faire émerger que doit se développer le travail social. Celui-ci devra permettre à l’usager de devenir acteur de sa relation avec la société et de la réappropriation de ses droits. »



Pour nous contacter : Maison des Associations : 22 rue Dumont D’Urville, 76000 Rouen 

Tél : 06/49/72/00/94

Mail : salariesdusocial.rouen@gmail.com



 

Commenter cet article