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La révolte d’éducateurs virés

Publié le par collectif 76 des salaries du social et médicosoci

Conflit - La révolte d’éducateurs virés passe par le marché de Vandoeuvre et gagne le terrain politique Les éducs licenciés contre-attaquent

APRÈS UNE FIN D’ÉTÉ désespérément froide et humide, le soleil est revenu ce dimanche matin. Un franc soleil. L’occasion d’aller faire son marché. L’occasion idéale, aussi, de mobiliser sur ledit marché bondé.

Les membres du comité de soutien à trois éducateurs de Vandoeuvre, licenciés ou en passe de l’être, ont profité à plein de cette configuration favorable. Ils se sont installés à l’entrée du vaste marché de la ville et ont rempli leur objectif : attirer l’attention sur leur cause et récolter un maximum de signatures de soutien.

Deux des trois éducateurs sur la sellette étaient présents. Claire Lefebvre, 30 ans de travail de terrain à Vandoeuvre, 30 ans à aider les personnes les plus en difficulté. Jean-Christophe Berche, 22 ans d’ancienneté et autant d’implication. Autant dire qu’ils connaissent du monde et pas qu’un peu sur le marché.

Serrages de mains, petits mots de soutien ou franches accolades, ils sont très nombreux à venir les voir et à faire une halte devant les pancartes qui dénoncent leurs licenciements. Jean-Christophe Berche n’est pas encore viré. Son sort est entre les mains de l’inspection du travail. Claire Lefebvre a, elle, perdu son boulot. Tout comme un troisième éducateur, Fabien Patrocinio. Officiellement, leur employeur, l’association « Jeunes et Cité », leur reproche d’avoir refusé de participer à une enquête statistique nationale.

Le combat devient politique

Le conflit s’inscrit en réalité dans le cadre d’une fusion difficile entre deux associations, entre deux manières de voir l’action sociale. La vision « pragmatique » de « Jeunes et Cités » de Laxou, d’une part. Et celle « pure-dure » de « Vivre dans la Ville », d’autre part, dont le rayon d’action était Vandoeuvre. Les trois éducs éjectés appartenaient à la seconde structure qui a été absorbée par la première nommée.

C’est le conseil général qui a décidé la fusion par soucis d’économie. Et c’est donc vers son président, le socialiste Michel Dinet, que les trois éducateurs rebelles se tournent maintenant. Ils lui ont écrit une lettre ouverte où ils réclament un entretien. En attendant, les trois « mutins » ont d’ores et déjà été reçus par le maire de Vandoeuvre, Stéphane Hablot. L’affaire met ce dernier dans une position pour le moins inconfortable.

L’élu de gauche se retrouve coincé entre ses amis politiques du conseil général, pas forcément enclin à la compassion pour les trois éducs rebelles, et certains membres de sa majorité municipale qui ont adhéré au comité de soutien au trio. « On ne peut qu’avoir de l’empathie pour les licenciés. Mais, attention, il ne faut pas exagérer non plus, le conseil général ne s’est pas pour autant conduit comme un esclavagiste avec eux », déclare le maire qui marche sur un fil et qui espère que son attitude « d’écoute et de prudence » lui permettra de rester en altitude, au-dessus de la mêlée, dans un rôle de médiateur. Pas sûr que cela marche. Les prochains jours seront décisifs pour les uns et pour les autres.

Christophe GOBIN

 

Chronologie

Chronologie

1er janvier : l’association de prévention spécialisée de Vandoeuvre « Vivre dans la Ville » cesse d’exister et ses huit éducateurs sont rattachés à l’association de Laxou « Jeunes et cité ». Une décision prise par le conseil général de Meurthe-et-Moselle afin de mutualiser les moyens en matière d’action sociale (et, donc, de faire des économies).

31 juillets : deux ex-éducateurs de « Vivre dans la ville », Claire Lefebvre et Jean-Christophe Berche, sont convoqués pour un entretien de licenciement par la direction de « Jeunes et cité ». La première sera licenciée dans les jours suivants. Le sort du second est suspendu à une décision de l’inspection du travail.

12 septembre : entretien de licenciement et manif de soutien pour un troisième éducateur, Fabien Patricinio. Il a, depuis, été officiellement viré.

 

Jour de marché ensoleillé : une aubaine pour le comité de soutien à trois éducateurs de Vandoeuvre. Photo Patrice SAUCOURT

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