Le collectif 76 des Salariés du social et médico-social

Publié le 26 Mai 2012

LE COLLECTIF76 regroupe des Salariés du secteur Social et Médico-social. Il s’est crée en 2002, quand le secteur était la cible de diverses attaques du gouvernement tant au niveau des budgets que des outils de travail et des conditions d’exercice.

 

Nous sommes des salariés d’organismes privés et publics, syndiqués ou non, travaillant dans les champs de l’hébergement, de l’insertion sociale et professionnelle, de la santé, du handicap, de la justice.

 

Nous sommes en lutte avec le Syndicat SUD santé sociaux, DAL, RESF.

 

Nous militons contre la logique de rentabilité qui prédomine, aux dépends des personnes les plus démunies, les plus silencieuses alors que paradoxalement les besoins n'ont jamais été aussi importants eu égard à ce que subissent les personnes .

 

Les salariés du secteur social et médico-social sont au centre de cette "machine à broyer l’humain".

 

Nous n’acceptons pas d’être complices de ces choix politiques et budgétaires qui se répercutent sur les personnes les plus démunis, les moins en capacité à faire valoir leurs droits.

 

Les fonds pour l’insertion ont diminué de 35% en 2009, l’urgence sociale a subi en 2010 une restriction de la moitié de ses budgets et en 2012 à nouveau 15% en moins pour l’insertion et 10% pour l’hébergement.

 

Si la nature des attaques peut différer selon le champ d’intervention, la logique de casse sous-jacente est la même et concerne toutes les associations du secteur de l'insertion , du social et du médico social , remettant en cause leur existence même avec son lot de licenciements , de fermetures et de conditions de travail délétères .

 

C'est avec le Département , à la mise en place du RMI, que des associations sont intervenues dans le cadre des obligations d’insertion liées à cette allocation.

 

Sous couvert de la crise économique, le Département se désengage des actions d’insertion, affichant un fatalisme de circonstance, en mettant en cause l’État.

 

L'approche globale de la personne nous paraît essentielle et nous refusons cette segmentation des actions entre l' insertion d'un côté , le social d'un autre et la santé d'un autre encore … Et ce d'autant plus que dans chacun des secteurs nous retrouvons la même logique de démantèlement, réelle logique purement économique .

 

Contre l' argument du désengagement de l'état (qui ne peut plus être utilisé depuis le changement de gouvernement!), nous  répondons que l'action publique, qu'elle émane de l'état ou des collectivités territoriales se réfère à une logique de rentabilité et à un réalisme économique totalement inacceptable .

 

Les pouvoirs publics ne se contentent pas de démanteler le système de protection sociale, ils justifient et défendent cette politique avec un discours aux relans xénophobes: «contre les fraudeurs, les profiteurs, les assistés», au mépris des lois. Même les plus élémentaires ne sont pas respectées: « le droit à se loger, se soigner, se nourrir» quelle que soit la nationalité.

 

Nous dénonçons la société sécuritaire qui se déploie : contrôles, fichage des populations, généralisation de la répression au détriment de toute autre intervention. L’éducation, la justice, la santé sont aussi touchés: «l’ascenseur social» devient un mythe . Les écarts entre les populations se creusent: accès aux droits, éducation, justice, santé plus que jamais à deux vitesses.

 

Nous dénonçons la «politique du logement d’abord» qui cautionne les baisses de budget dans le secteur de l’hébergement.

Au niveau national il manque 70 000 places d’hébergements d’urgence et le 115 est tous les soirs saturés. Sur l'agglomération de Rouen, chaque soir, entre 30 et 70 personnes recensée, y compris des femmes avec enfants, se retrouvent sans solution. Ces places seraient remplacées par des logements «diffus», d’une part en nombre insuffisant par rapport aux besoins, d’autre part, malgré leur utilité, ces logements diffus ne peuvent pas remplacer les structures collectives d’internat, faute d'accompagnement social associé et de prise en compte de la spécificité des besoins inhérents au public accueillis en CHRS.

L’accès au logement est de plus en plus difficile (accès et maintien). Les accompagnements liés au logement, aux budgets se raréfient: augmentation des coûts de l‘énergie, des loyers, de la nourriture qui complexifie les problématiques.

 

La société se judiciarise, le sentiment d’insécurité est polarisé sur le risque de "récidive", alors que les mesures liées aux accompagnements sociaux judiciaires sont touchés.

On nous parle du projet de «contribution obligatoire» pour les allocataires du RSA, alors qu’il n’y a pas de possibilités d’emplois, que les critères d' accès aux chantiers d insertion se durcissent, que les AVA sont menacés et que les actions d’aide à la mobilité et d’insertion sociale se raréfient.

 

Les associations pratiquant des accompagnements éducatifs pour les mineurs , en internat ou en milieu ouvert, subissent aussi la crise, avec une augmentation des demandes de prise en charge, alors que les budgets diminuent et que les salariés sont en nombre insuffisant.

 

La remise en question des actions envers les jeunes majeurs entraîne des fins de prise en charge lourdes de conséquences pour leur avenir.

 

Nous pouvons aussi évoquer les actions d'accompagnement psycho-social qui se raréfient, les difficultés de fonctionnement de la PJJ, de l'ASE, de la prévention spécialisée.

 

Une cinquantaine de structures se sont mobilisées  début 2012, et nous savons que les personnels d'encadrement des agents des UTAS s'inquiètent de la situation et ont demandé au Président Marie un moratoire immédiat sur l'ensemble des décisions organisationnelles et budgétaires mettant à mal la politique d'action sociale du Département.

 

NOUS DISONS NON A CEUX QUI BRADENT LE SOCIAL

NOUS RAPPELONS NOS REVENDICATIONS :

 

-L'organisation d'une table ronde entre le CG76, la DDCS et l'ARS

-Plus de moyens pour l'accueil et l'accompagnement des personnes en fragilité sociale

-L'arrêt du tri des populations, des politiques sociales sélectives.

-L'indépendance des activités sociales et médico-sociales du circuit marchand.

-Zéro licenciement et la défense de l'ensemble du secteur.


 

Cet écrit était destiné aux Elus du Conseil Général, alors que nous souhaitions en avril  nous faire entendre en Assemblée plenière, puisque toutes nos tentatives pour faire stopper cette hémorragie  sont restées lettre morte:

l'accès nous a été empêché, et à aucun moment nous n'avons pu échanger avec Didier Marie sur ces sujets:

le nouveau gouvernement prône: "le changement maintenant".

Concrètement, qu'est ce qui va changer si nous ne nous faisons pas entendre?

Ne comptons pas sur nos directions, puisqu'elles appliquent à la lettre les consignes, sous couvert de "restrictions budgétaires"

Pouvons nous encore supporter de voir des femmes et des enfants sans solutions d'hebergement?

Pouvons nous encore accepter de travailler plus (plus de précarité) avec moins (moins de moyens)?

Pouvons nous encore cautionner, sous couvert de ne pas interrompre " les services rendus aux usagers", le non respect des lois en terme d'hébergement, d'accès au soins, d'éducation, d' insertion, quelle soit sociale ou professionnelle?

 

 

Rédigé par collectif 76 des salaries du social et médicosoci

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