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Les Roms de Lyon ont gagné le droit d'obtenir un abri

Publié le par collectif 76 des salaries du social et médicosoci

 

La rédaction | le 05.04.2013 à 11:30

  Une cinquantaine de Roms, dont 25 enfants et nourrissons, avaient été expulsés le 28 mars du campement qu'ils occupaient à Villeurbanne, dans la banlieue de Lyon. Soutenus par des associations et par l'Eglise catholique, ils avaient ensuite été hébergés dans une salle paroissiale du quartier de Gerland, par le père Mathieu Thouvenot, avec l'aval du cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon et Primat des Gaules. Avec l'appui de plusieurs associations et de deux avocates, Céline Amar et Myriame Matary, les Roms avaient déposé douze "référés liberté hébergement" devant le tribunal administratif de Lyon pour obtenir leur relogement par la préfecture du Rhône.
Les 50 Roms de Villeurbanne, et le père Thouvenot, avaient passé la nuit du 3 au 4 avril devant le tribunal administratif, après en avoir reçu l'autorisation de la police, contre l'engagement de n'installer ni tente, ni abri.
A l'audience, le préfet a dit au tribunal qu'il n'y avait pas d'urgence à reloger les Roms, puisque le prêtre s'en était chargé. Mais le père Thouvenot a informé le tribunal qu'ils n'étaient plus accueillis dans sa salle, ce que les juges ont pu constater de visu !

75 euros d'astreinte par jour de retard

Le tribunal a condamné la préfecture à reloger dix des douze familles (les deux autres n'ont pas d'enfants, et n'avaient pas fait les démarches nécessaires), sous peine d'une astreinte de 75 euros par jour de retard et par famille. La préfecture a simplement affirmé « prendre acte » de la décision. Le tribunal a considéré que « si le préfet fait valoir qu'en dépit des efforts accomplis par les services de l'Etat pour accroître les places disponibles dans les centres d'hébergement d'urgence (...), les capacités d'accueil en urgence sont saturées, cette circonstance ne saurait justifier qu'aucune solution ne puisse être offerte à une famille sans abri, composée d'enfants en bas âge, compte tenu des conséquences graves pour ces enfants ».
Cette décision a été saluée comme un succès majeur par les associations qui soutiennent les Roms. Elle marque en effet un moment important dans la politique d'accueil de ces populations, qui disposent d'un passeport européen, ont le droit de circuler librement dans l'Union, mais sont confrontées à des oppositions fortes quant à leurs demandes d'emploi, d'hébergement, d'éducation et de soins.

Une Alliance européenne pour l'inclusion des Roms


L'attitude des autorités vis-à-vis des Roms pourrait lentement commencer à bouger, après des années de blocage. Le 20 mars, 115 villes et régions représentant 26 pays européens ont lancé à Strasbourg, une « Alliance pour l'inclusion des Roms » qui veut développer les coopérations et l'échange de bonnes pratiques entre les collectivités.
Cette initiative est portée par le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux de l'Europe (CPLRE), un organe du Conseil de l'Europe, et elle intervient deux ans et demi après l'adoption, par les Etats, d'un plan d'action pour l'intégration des 12 millions de Roms vivant sur le continent. Outre Lyon, Aubervilliers, Lille et Strasbourg sont membres de cette Alliance qui doit commencer concrètement ses travaux pendant l'été 2013.
Comme à Lyon, dans de nombreux diocèses de France, l'Eglise catholique s'engage de plus en plus fermement aux côtés des Roms pour les soutenir face à leurs difficultés d'insertion dans la société française. En cela, elle s'engage dans le chemin indiqué par le pape François pour lutter contre la pauvreté et exercer la charité chrétienne.

Sources: AFP, Reuters
Photo AFP/Jeff Pachoud

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