News Maladrerie, coordination nationale, Colette Yver

Publié le 14 Mai 2013

 

La politique du tout rentable de l'État, des Collectivités régionales et départementales,
conduit à des baisses drastiques des budgets sociaux.
La situation en matière de logement est dramatique :
→ 10 millions de personnes touchées par le mal-logement,
→ 130 000 sans abri.

Les besoins sociaux, notamment pour les populations les plus fragiles, ne sont plus satisfaits.
Le droit à l'hébergement, par exemple, pourtant reconnu comme liberté fondamentale par le Conseil
d'État, est chaque jour bafoué.

Les Travailleurs sociaux ne peuvent plus assurer leurs missions premières.
Or, dans l'agglomération rouennaise, chaque soir, entre 30 et 70 femmes, hommes et enfants
dorment à la rue. Les services du 115 ne peuvent pas répondre à leurs demandes d'hébergement.

C'est dans ce contexte que le Collectif 76 des salariés du Social et Médico-social occupe,
depuis le 15 juin 2012 dernier, l'ancien foyer de l'Oeuvre Normande des Mères (ONM), situé
près de la gare de Rouen.

Cet ancien centre d'hébergement, destiné aux femmes seules avec enfants, a fermé ses portes en
mai dernier : décision insupportable, compte tenu des besoins élémentaires non satisfaits.
L'occupation a permis, à ce jour, de mettre à l'abri 16 adultes et 12 enfants, dont certains en très
bas âge.

Après 125 jours d'action, les pouvoirs publics ne proposent aucune solution d'hébergement pour ces familles.

L'ONM, propriétaire des lieux, s'est contentée de déposer plainte auprès du Tribunal d'Instance
pour demander l'expulsion des familles et l'évacuation des lieux.
Cette occupation, relayée par la presse nationale, n'a été possible que grâce à l'action concertée
des Travailleurs sociaux, des milieux associatifs (DAL, RESF,...), politiques (NPA,PCF, EELV, AL, FA,...)
et syndicaux (SUD Santé-Sociaux Sud CT...).
Elle est emblématique d'une lutte unitaire,  qui permet de s'appuyer sur la légitimité
pour satisfaire les besoins fondamentaux face aux lois d'exclusion sociale.

Nous n'avons pas d'autres choix que d'exiger  tous ensemble:

UN PLAN D'URGENCE ,

Pour l'hébergement et l'accompagnement social :
– l'application de la loi de réquisition,
– le blocage des loyers, sur tout le territoire
– la véritable reconnaissance du droit à l'hébergement comme liberté fondamentale, et
l'arrêt du tri des populations dans le dispositif social,
– la pérennisation et l'augmentation du nombre de places d'hébergement,
– la création d'emplois de Travailleurs sociaux pour assurer un accompagnement social de
qualité,  
-l'octroi de moyens adaptés pour l'aide social à l'enfance.

 

Le 7 décembre 2012, l'huissier est passé: les occupants de la Maladrerie peuvent par décision de justice rester dans ce batiment jusqu'au 7 mai 2013.

 

La juge donne un délai de 5 mois aux occupants avant l'expulsion, ce qui correspond à la fin de la trêve hivernale.
C'est une victoire dans la reconnaissance de la nécessité des familles à être hébergée, à contrario de la préfecture, qui les laisse sans solutions.
C'est de la dignité retrouvée pour ses familles dans leur requête en justice.
C'est un aveu d'echec  des missions de l'Etat.
Cependant, nos intentions ne sont pas de se substituer aux pouvoirs publics : depuis le 15 juin, nous faisons fonctionner un centre d'hébergement qui a fermé, l’État a ainsi économisé à peu près 300 000 euros.

 

Qu'adviendra-t- il des familles hébergées à la Maladrerie ?

Qu'en est-il pour toutes les familles à la rue ?

(40 places en moins à Bazzire, x places en moins à Adoma, des expulsions locatives qui s'intensifient avant l'approche hivernale)

Nous restons et resterons mobilisés jusqu'à ce que des solutions concrètes soient apportées et aux familles, et dans les structures dans lesquelles nous travaillons.    

 

 

 

 

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Depuis le samedi 22 décembre, une coordination nationale s'est crée à l'initiative du Collectif 76 et des soutiens de la Maladrerie: 1e date d'action: le mercredi 30 janvier: chacun dans nos villes:

 

 

"l'appel du 22 décembre": Un toit pour tous et toutes/ Contre la précarisation de nos vies
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L'action du vendredi 29 mars à Colette Yver a permis une prolongation de l'hébergement des familles jusqu'au 11 avril (une cinquantaine de personnes, dont une quinzaine d'enfants)

L'action du mercredi 16 janvier 2013 au "centre d'hebergement temporaire Colette Yver" a permis que jusqu'au 22 janvier, les 19 familles accueillies puissent rester 24h sur 24 sur les lieux comme la loi le stipule.

 

La dernière action à Colette Yver (foyer temporaire destiné aux familles sans hébergement cet hiver) a permis que les familles hébergées (70 personnes) restent dans les locaux jusqu'au 30 juin (alors qu'il devait fermer le 30 mars).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rédigé par collectif 76 des salaries du social et médicosoci

Publié dans #compte-rendus

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