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Conférence contre la pauvreté : une centaine de précaires manifestent

Publié le par collectif 76 des salaries du social et médicosoci

Le Monde.fr avec AFP | 10.12.2012 à 09h27 • Mis à jour le 10.12.2012 à 19h55

 

Une centaine de personnes se sont rassemblées, à l'appel d'associations comme le MNCP ou le DAL, lundi 10 décembre dans l'après-midi près du palais d'Iéna à Paris où se tenait la conférence contre la pauvreté et l'exclusion pour réclamer davantage de solidarité avec les précaires, a constaté un journaliste de l'AFP.

Scandée au micro, reprise par les manifestants, une phrase résumait les revendications :

 

"Nous voulons nos droits, ni miettes ni blabla".

Tenus par les forces de l'ordre à distance du palais d'Iéna, les manifestants ont répondu à l'appel d'associations, et notamment des mouvement de chômeurs – Mouvement des chômeurs et précaires (MNCP), AC!, CGT chômeurs, Apeis – mais aussi Attac, le DAL (droit au logement), la fondation Copernic, etc. "Il y en a marre de ces vraies fausses initiatives de façade", s'est insurgé Olivier Besancenot (NPA). "Le gouvernement doit répondre à l'urgence sociale et ce n'est pas à travers les vingt milliards offerts aux entreprises qu'on avancera", a-t-il dit.

UN PLAN PLURIANNUEL DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ


 Annoncée en juillet par François Hollande, la conférence de lutte contre l'exclusion a débuté lundi, réunissant plusieurs ministres et de nombreuses associations, qui ont planché, en amont, sur sept thématiques : emploi, accès aux minima sociaux, enfance, surendettement, logement, santé et gouvernance des politiques de solidarité. Elle doit déboucher sur un plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté, accompagné d'une "feuille de route" aux ministres.


Le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, la clôturera mardi en traçant les grandes lignes d'un plan visant à endiguer la pauvreté, dont les associations attendent beaucoup. Nicolas Sarkozy avait promis de réduire de un tiers la pauvreté pendant son quinquennat. Pour le premier ministre, il ne sera pas question d'annoncer des objectifs chiffrés.

FAMILLES MONOPARENTALES ET PERSONNES IMMIGRÉES


Face à l'évolution récente de la pauvreté, les attentes sont extrêmement élevées.

Selon le rapport annuel du gouvernement, tout récemment transmis au Parlement, "la pauvreté a changé de visage" :

elle concerne de plus en plus les familles monoparentales et nombreuses, les personnes immigrées et s'est déplacée vers les zones urbaines sensibles.

 

Le taux de pauvreté a atteint 14,1 % en 2010, son plus haut niveau depuis 1997. Cette année-là, 8,6 millions de personnes vivaient avec moins de 964 euros par mois (revenu par une unité de consommation inférieur à 60 % du revenu médian).

Les inégalités se sont aussi creusées entre les 10 % les plus riches et les 10 % les plus pauvres.

Les situations d'extrême pauvreté s'étendent, souligne aussi le rapport : 2,1 millions de personnes vivaient avec moins de 642 euros par mois en 2010.

Et les Français les plus modestes ne recourent pas suffisamment aux aides auxquelles ils ont droit, un non-recours qui intensifie encore les situations d'exclusion.

Ainsi, 68 % des personnes éligibles au Revenu de solidarité active (RSA) ne le demandent pas.

 

MULTITUDE DE PROPOSITIONS


Les groupes de travail, réunissant de nombreux acteurs du secteur social, ont tous remis leurs rapports au gouvernement, lui soumettant une multitude de propositions. Ils plaident par exemple pour une revalorisation du RSA, qui a décroché par rapport au SMIC. Mais en période de disette budgétaire, le gouvernement n'a que très peu de marge de manœuvre.

 

Le nouveau secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, qui participera à la conférence, a affirmé qu'il soutiendrait ces propositions. La CGT demande, elle, "l'augmentation immédiate du RSA et de l'ensemble des minima sociaux d'au minimum 30 %"

Les associations souhaitent aussi "déverrouiller" l'accès au RSA pour les moins de 25 ans.

Côté logement, elles prônent la création de 20 000 places d'hébergement dès l'hiver 2013.

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